Contentieux Nia Karabenta-Député Aly Maïga : Me Kassoum Tapo détourne pour de bon les 1,8 million FCFA d’un entrepreneur
Au Mali, il n’ y a qu’une seule justice : celle pour les riches. Faisant valoir son pouvoir, sa puissance, sa richesse…l’ancien bâtonnier Me Kassoum Tapo, de surcroît député à l’Assemblée nationale du Mali, reste sourd à toutes les prières de l’infortuné entrepreneur Nia Karabenta qui lui réclame depuis 2004 son dû.
Les faits sont pourtant clairs. Le défunt député Ali Maiga, élu à Mopti sous les couleurs de l’US RDA, devait à Nia karabenta la somme de 1, 8 millions F CFA. Un procès en Appel (arrêt N° 535 de la Cour d’Appel de Bamako) l’a d’ailleurs condamné à payer la créance. Le vieux Maïga avait pour conseil, Maître Diawoye Sidibé du cabinet Kassoum Tapo. Craignant de voir son immunité parlementaire levée, sur demande, le 9 mars 2004, du juge Hamet SAM de la commune II, Ali Maiga se résout enfin à payer. Et c’est par l’intermédiaire de son collègue député Tembely, élu également à Mopti, que l’argent fut remis à Maître Kassoum TAPO. L’avocat et ancien président de la CENI, délivra un reçu en bonne et du forme. Muni alors de ce reçu, Nia Karabenta se présenta alors au Cabinet Tapo pour entrer en possession de son argent. Le ciel tomba alors sur sa tête, quand Me Tapo, le « milliardaire avocat » refusa catégoriquement de lui restituer son argent au motif qu’Ali Maïga et Tembely lui doivent la bagatelle de 23 millions de FCFA. L’ancien secrétaire de la Conférence des Avocats de Paris affirmera alors à Nia Karabenta que c’est lui qui avait financé l’élection de ces deux personnalités aux législatives de 2002 à Mopti.
Pour Nia Karabenta, il est inadmissible qu’un homme de la trempe de Me Tapo, qu’il croit intelligent, puisse détourner à son profit l’argent d’autrui. « Il m’a dit d’aller me plaindre là où je veux ; même chez le Président de la République. Qu’il ne paiera pas ». Toutes ses démarches entreprises à l’amiable auprès du « Dieu » Tapo sont demeurées vaines.
Comme Tapo le lui a signifié, Nia Karabenta a fait le tour de presque tous les responsables décideurs de ce pays.
« J’ai adressé des correspondances à l’ancien et au nouveau bâtonnier, au ministre de la justice le 24 mai 2004, au président de l’assemblée Nationale, au médiateur de la république, au directeur de la sécurité d’Etat, au premier ministre le 22 juillet 2004. Toutes ces autorités ont affiché à l’égard du célèbre et richissime avocat une complaisance coupable », confie Karabenta.
A regarder de très près ce contentieux, l’on est en droit de croire que le « célébrissime » avocat Kassoum TAPO est au dessus de la loi. On le craint, il est comme un « Dieu » dans le petit monde de la justice. « Quand j’évoque le nom de Tapo, les gens sursaute. Personne ne veut ouvrir une information judiciaire contre lui. Un procureur me l’a dit ouvertement. Impensable dans un Etat qui se veut de droit », déclare M. Karabenta, ajoutant que « la pendule de la justice tarde parfois mais elle finira toujours par sonner à l’heure exacte ». « Si TAPO échappe à cause de son poids à la justice des hommes, il n’échappera pas à le justice divine », ajoute-il.
BN : j’oubliais, en tant que Dogono, de quoi je me mêle. Après tout, c’est une histoire entre deux petits Bozos. A croire que chez eux, il n’y a pas de parenté, de solidarité, d’entre aide. Mes parents Dogons riront bien cette fois-ci des enfants de l’eau. Eux qui s’étaient tant moqué de nous après qu’un prétendu Dogon eut tenté de braquer une banque de la place. Du n’importe quoi !
Ibrahima Guindo
Le Public N°30 du 24 Novembre 2006