Elections frauduleuses à la CCIM : Choguel dans ses petits souliers devant les députés
Comme prévu, le Ministre de l’Industrie et du Commerce Choguel Kokala Maïga, s’est présenté hier jeudi devant les députés à l’Assemblée nationale. Interpellé par le député Cheick Hamalla Bathily pour son rôle nuisible dans l’organisation chaotique des dernières élections frauduleuses de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), le Ministre Maïga n’a pas du tout convaincu.
Evasif dans ses réponses, Choguel Maïga, au centre de la controverse suscitée après les élections consulaires, est resté dans ses petits souliers durant tout le débat, suivi par une forte colonie de commerçants venue suivre les débats. Le bouillant député Cheick Hamalla Bathily, l’un des lieutenants du camp de Ousmane Guitteye, qui dirige la liste A face à Jeamille Bittar, a poussé le Ministre Maïga dans ses derniers retranchements.
Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement, d’autant qu’au constat, il y a bel et bien eu fraude. Le nombre de procurations utilisées par Bittar et ses partisans étayent à suffisance l’ampleur de la fraude.
En analysant les résultats au niveau des sections commerces, services et industries on s’en rend nettement compte. Au niveau de la section commerce, tenez-vous bien que la tendance Ousmane Guittèye a obtenu 397 voix dont zéro procuration, contre 410 voix à Bittar dont 198 procurations. Pour la section services, les résultats se sont présentés comme suit : tendance Ousmane Guittèye 122 voix dont zéro procuration contre 252 voix à Bittar dont 2005 procurations. En ce qui concerne la section industries, des 61 voix obtenues par Guittèye, il n’ y a aucune procuration, au contraire de Bittar qui, avec ses 48 voix a utilisé 2 procureurs.
A regarder de très près ces chiffres, l’on est en droit de se demander pourquoi Jeanmille Bittar use-t-il seul des procurations ? Un partisan de Guittèye à la réponse.
« Les procurations ont été frauduleusement utilisées par ces gens pour gagner. Comment comprendre que plus de 400 électeurs ne puissent pas être présentes à Bamako le jour du vote pour accomplir leur devoir électoral », se demande-t-il. A noter que ces procurations, utilisées seulement à Bamako, sont de loin plus importantes que les voix obtenues par les deux candidats sur vote physique (169).
Selon l’honorable député Bathily, certains portent les noms de personnes fictives qui n’ont jamais exercé la profession de commerçant. Pour preuve, il a brandit devant l’Assemblée une liasse de copies de procuration. Le camp Guittèye a recensé plus d e 300 procurations portant des noms fictifs. Une raison suffisante pour annuler purement et simplement le scrutin.
Perdu dans ses notes, Choguel Kokalla Maïga n’était pas à même de répondre clairement à des questions claires du député. Il s’est plutôt réfugié dans une explication cousue de fil blanc.
L’intervention peu convaincante du Ministre devant les député a le mérite de clarifier les choses. Il y a eu fraude. Le pire est à craindre, d’autant que samedi dernier, au cours d’un meeting, Guitteye a invités ses troupes à suspendre leur participation aux activités de la CCIM durant le nouveau mandat de Bittar si la décision de justice leur était défavorable. Après avoir été débouté par le tribunal administratif, Guittèye et ses partisans ont porté l’affaire devant la Cour Suprême qui doit dire le « vraie droit ».
Par Igré Tolo
Le public N°29 du 10 octobre 2006