Mali-France : ATT lâché par son ami "Jacques"
Au gré des alliances et des mésalliances, en politique, les hommes connaissent des moments de gloire mais hélas des moments aussi, où ils tombent -comme un objet en chute libre-, de leur piédestal. La banqueroute oblitère les exploits du passé.
Ça y est ! La nouvelle est dans le vent depuis quelques temps, les relations entre les présidents maliens et français ne sont plus à leur top.
Depuis le dernier sommet de la Cedeao, tenu à Abuja dans la capitale nigériane où le président ATT a pris un revirement diplomatique en faveur de son homologue ivoirien, les rapports d’amitié entre le général ATT et “son ami Jacques’’ connaissent une certaine froideur.
Selon une source proche des services secrets français, Jacques Chirac envisage de soutenir IBK en 2007 au profit de son ami ATT. “ Chirac n’a pas du tout gobé la position du président ATT à Abuja’’ nous a-t-il indiqué. A en croire notre source les services secrets français sont dépêchés au Mali pour “déblayer le terrain’’.
Plusieurs raisons justifient cette information. La première c’est que ‘’la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts’’. La deuxième c’est que le président français a juré de régler l’équation Gbagbo avant de quitter l’Elysée en 2007. Il n’y parviendra plus mais pèsera de tout son poids pour créer la zizanie en Côte d’Ivoire, le pré-carré français. Du reste il se défend comme un beau diable au Conseil de sécurité des Nations unies actuellement pour dépouiller le président ivoirien de tout pouvoir afin de l’abattre.
Enfin la troisième raison est d’ordre historique, c’est l’ancienne puissance coloniale qui fait et défait les Chefs d’Etat africains. Ces ‘’genocidaires’’, qui jouissent de l’hécatombe de l’Afrique n’ont jamais cessé de piller les ressources du continent, d’humilier et de prendre en otage les dirigeants africains.
Oh, ingrate France ! Hier encore le Président ATT s’écriait, “mon ami Jacques, mon Jacques…’’ et a offert à Chirac un dîner copieux sur une dune de sable à Tombouctou qui porte désormais le nom du futur ancien président français. Bien avant cela ATT se réjouissait d’avoir été l’un des rares chefs d’Etat africains à effectuer une visite officielle en France 100 jours seulement après son élection à la tête du Mali.
Robert Nesta alias Bob Marley avait bel et bien raison : “Your best friend could be your worse ennemi and your worse ennemi your best friend. Some will eat and dreank with you”.
Le soutien de Chirac au plus bourgeois de tous les candidats à la présidentielle, Ibrahim Boubacar Kéita changera-t-il grand-chose dans le résultat des urnes en 2007 ? Rien n’est moins sûr. Chirac appartient désormais à la classe des rois sans spectre. Ces marges de manœuvre sont désormais réduites. Attendons de voir !
Abdoulaye Barry
Le Public N°28 du 27 octobre 2006