Elimination physique du N°2 du GSPC : Fagaga et ses hommes héritent d’un important arsénal militaire
Les rebelles maliens, appuyés par les services de sécurité algériens, ont tué la semaine dernière le numéro 2 du GSPC. Conséquence : ils ont fait mains basse sur une importante quantité d’armes, de véhicules et même d’or.
Le numéro 2 du GSPC (Groupe Salafiste de Prédication et de Combat) est mort la week-end dernier, criblé de balles. L’adjoint de Ben Moctar Le borgne a littéralement assassiné par ses complices d’hier Iyad est Fagaga. Devenu une gêne dans leur relation avec le gouvernement algérien, le numéro 2 du GSPC a été attiré dans un piège par Iyad AG Ghali et exécuté avec plusieurs de ses hommes dont les cadavres ont été dépouillés de tout, selon nos sources.
Que s’est-il réellement passé ?
Iyad et Fagaga depuis longtemps à court d’argent vivent dans un manque terrible. Ils ne parviennent plus à s’entretenir. En désespoir de cause, ils tentent de monter la pression sur le gouvernement malien. ATT refuse de distribuer des royalties préférant opter pour une politique générale de développement de la région de Kidal au profit de toutes les populations. Ayant perdu tout espoir de se voir enrichir personnellement à l’issue du coup de force du 23 mai dernier, il se tourne alors vers l’Algérie et propose son service pour trahir et liquider le GSPC.
Dans cette opération, Iyad et Fagaga font d’une pierre deux coups. Redorer leur blason aux yeux de l’Algérie et des Etats Unis et hériter des biens du GSPC. En effet, en dehors des dizaines de véhicules 4x4 et des armes, le mouvement terroriste possède beaucoup d’or et de l’argent liquide en diverse monnaie (euro, dollar). Leur ancien complice mort, tout ce trésor leur est revenu. D’après notre source, certains véhicules ont déjà fait leur rentrée à Kidal où ils vont être immatriculés maliens.
En milieu de semaine dernière, le numéro 2 du GSPC a été invité par Iyad à une réunion non loin de la frontière algérienne. Le guet-apens a été monté en collaboration avec les services secrets algériens qui connaissent la cupidité de Fagaga et compagnie. Le numéro 2 du GSPC à jeun ne se doutait de rien. Une première intervention l’a coupée de son escorte ; une deuxième a encerclé son véhicule et l’a liquidée. Le corps du terroriste a été ensuite envoyé aux autorités algériennes moyennant une forte somme d’argent dont le montant ne nous a pas été donné. Contrairement à ce qui a été annoncé par RFI, il n’y a pas eu de combats.
Reste à savoir à quoi servira le butin recueilli par Iyad et les siens et surtout les armes.
Le Mali ne doit-il pas appelé l’Algérie à plus de responsabilité et au respect de sa souveraineté afin d’identifier la destination finale du matériel militaire pris au GSPC.
Négué Traoré
« Le Public » N°26 du Vendredi 13 Octobre 2006