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Hebdomadaire Malien d'Informations Générales "Le PUBLIC"
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Hebdomadaire Malien d'Informations Générales "Le PUBLIC"
7 octobre 2006

Ces richesses qui paupérisent l’Afrique

L’Afrique est-elle, en définitive, le continent du paradoxe ? On peut répondre par l’affirmative, sans vouloir choquer qui que ce soit, notamment ces hommes et femmes qui carburent dur, sous le soleil et la pluie, toujours contre vents et marrées, pour une prise de conscience collective afin de renverser la tangente.   Du reste, les réalités sont-là, assez palpables, pour démontrer à juste titre que l’Afrique est le continent de la démesure. Tout (ou presque) y est immense: les ressources naturelles  mais surtout la paupérisation des masses laborieuses. Le poids de la dette et la déliquescence des économies(nationales)  inféodée par des politiques déloyales achèvent la dégringolade. Depuis l’aube des indépendances, ou du moins supposées telles, l’Afrique tente péniblement d’être ‘’débout’’, après avoir vécue, des siècles durant, les “pires douleurs de l’histoire de l’humanité, aussi bien dans la matière que dans l’esprit”. En vain. Les exploitants d’hier et d’aujourd’hui, hypothèquent tout espoir de renaissance et d’indépendance véritable du continent. Oui! Mais surtout avec la complicité d’une certaine race de chefs- d’Etat africains à la solde de l’occident.

Les immenses réserves de matières premières de l’Afrique(Or, diamant, bauxite, pétrole, gaz, caoutchouc etc.) n’ont presque rien changé dans le quotidien des populations - qui triment dans une misère assourdissante- toujours préoccupées par des questions de survie à défaut de trouver mieux. Elles ont, au contraire, servi à entretenir  des foyers de tension(avec leur corollaire de guerre fratricide inter-minables), à alimenter les industries de l’occident dont les multinationales sont passées championnes dans l’art de piller pour mieux assujettir. Le Burkina Faso, le Mali sont des grands producteurs de coton et d’or, la Guinée Conakry regorge à elle seule les 2/3 des réserves mondiales de bauxite, le Tchad produit du pétrole mais restent hélas  parmi les pays les plus pauvres au monde. Et n’arrivent pas à assurer le bien-être de leur peuple encore moins amorcer le développement.  A cause de leurs richesses, les deux Congo, la Sierra Leone, le Libéria, l’Angola etc.  ont tous connu des décennies de conflits meurtriers dont ils continuent de porter irréversiblement  les séquelles. La crise qui frappe aujourd’hui la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao pourrait bien tirer  ses origines dans cette course pour le pillage des ressources du continent.      

Résultat: au plan politique et économique, la parfaite collusion entre les dirigeants africains et leurs ‘’pères” occidentaux contribue à accentuer chaque jour un peu plus la dépendance du continent vis-à-vis des puissances (néo)coloniales. L’aide au développement, les prêts,  les  discours de charité et de générosité servent à voiler la nature réelle de la coopération nord-sud et des conséquences déplorables qui en résultent. La panne des démocraties( de façade) et l’échec des modèles  d’intégration résultent, sans doute, de cette maffia qui ne dit pas son nom.                  

Par Abdoulaye Barry

  Le Public N°25 du 06octobre 2006

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Commentaires
I
Le plaisir fût pour moi de liure votre réaction. En l'Afrique, je ne désespère point. Note heure arriverra.<br /> <br /> merci
M
Je visn du Congo (RDC), autant vous dire que je sais ce que cela signifie qu´être riche en matière premières, et pourtant nager dans la pauvrete. Mais croyez-moi, c´est lorsque je suis arrivé en Allemagne que j´ai compris pourquoi: a force d´avoir un climat clément, d´avoir le sol riche en minéraux et métaux prisés par les occidentaux, les africains oublient de travailler, de créer, d´agir sur les facteurs décisifs de leurs existences. Ils aiment tous la cravate, mais ce sont les plus piètres artisans que j´aie rencontré dans ma vie. Et de ceci en cela, au lieu d´être profond et réalistes, il sont superficiels et plutôt bon enfant. Croyez-vous que mon jugement soit trop dur ? Pas du tout, allez dans l´histoire et vous aller apprendre que ce ne fut pas toujours le cas; que s´est-il donc passé depuis pour arriver à un tel désastre ? L´élite africaine, celle qui devait fixer les priorités, les modalités et les facteurs déterminants pour l avenir lit mal les enjeux et les necessités de sa tache. Voilà le mal; il copie, se laisse aliéner à des buts qui n´étaient pas les siens, et manque de stratégie sociohistorique. Le débâcle, on le voit. Mais savez-vous que l´éducation en Afrique est le secteur le moins pris en considération, alors qu´il est le secteur clé de l´avenir de toute société ? Quand on en parle, on est surpris que même les universitaires africains ne savent pas ce que ce secteur signifie réellement pour toute société moderne! Comment peut vouloir avoir des techniciens sans vouloir les former? Comment veut-on avoir des penseurs et innovateurs sociaux sans mettre à la portée des écoles la connaissance et la critique rationnelle ? Mais vous connaissez la suite...Musengeshi Katata. Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu. www.realisance.afrikblog.com
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